Le nouveau fascisme de gauche

de | 26 octobre 2017
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Suite à quelques articles sur l’extrémisme de droite, il est normal de traiter son frère ennemi qui est l’extrémisme de gauche (ou se prétendant comme tel). On verra donc que le fascisme qu’il véhicule est plus complexe à cerner que celui de droite, mais aussi qu’en dévoyant les idées de gauche originelles ils ne fait que desservir les causes qu’il prétend défendre, et surtout nuit au peuple.

Le terme fascisme n’est pas à prendre ici dans sa définition politique strict, mais plutôt dans sa définition populaire. C’est à dire un mode de pensée et d’action extrémiste, intolérant, fermé d’esprit, discriminant, coercitif, violent et donc liberticide envers ceux qui ont une autre vision des choses. Et donc de soumettre à l’aide de méthodes coercitives et abusives à la place de l’utilisation de la raison, donc de la mise en place de débats (ce qui normalement distingue une dictature d’une démocratie).

Beaucoup des attitudes et réflexions que je vais relater ici sont basées sur des expériences après avoir été amené à côtoyer de tels personnes, si ce n’est les avoir subis bien malgré moi. De la même façon d’ailleurs que pour mes articles sur les fascistes de droite, forme de fascisme qui pullulent dans le sud-est de la France. J’espère maintenant être au complet en ce qui concerne les diverses forme de fascisme sur l’échiquier politique.

Un autre point important à souligner est ce que cette nouvelle gauche a dévié des principes originels de la gauche du XIXe qui consistait à défendre le peuple et ces valeurs. Les mouvements extrémistes tendaient donc logiquement vers une lutte des classes féroces qui ont pris la forme des attentats des mouvements anarchistes fin XIXe début XXe, ou encore des mouvements radicaux comme action direct, les brigades rouges ou la bande à baader dans les années 70/80.

Cette nouvelle gauche est donc passé progressivement dans les années 70/80 de la défense du peuple pour tendre vers la défense de l’anti racisme, l’anti immigrationnisme, le féminisme, la défense des droits des LGBT et tout ce qui peut représenter des valeurs « progressistes », bien souvent au détriment de la défense du peuple pour préférer celle des « minorités ». Les membres extrémistes issues de cette nouvelle gauche vont donc être différents de ceux de la gauche originelle, comme avoir tendance à transcender les classes sociales.

Ce sont aussi des personnes qui, bien souvent, veulent donner une image positive d’eux-mêmes (voir une certaine tendance au narcissisme). Quoi de mieux en effet de se montrer comme appartenant au camp du bien auprès des autres pour cultiver une image positive. Quitte à ce que la démarche soit plus narcissique que sincère, qu’elle provienne plus d’une envie d’acceptation du groupe que de motivation personnelles et réelles. Peut-être une autre cause des contradictions inhérente à de tels personnes. Quand ce ne sont pas juste des ados ou autres adulescents en quête d’identité et de résolution de leurs complexes qui ont besoin d’une identité positive de substitution pour les aider. Age ingrat s’il en est, et age qui, à plusieurs exceptions près, ne dispose pas d’une maturité intellectuelle conséquente à défaut d’avoir une ouverture d’esprit réelle. On peut toutefois reconnaître une intention de départ louable et sincère pour certains.

Alors bien sûr, le racisme qui va engendrer de la violence envers ceux qui ont une couleur de peau différente est difficilement acceptable. De la même façon des combats comme le féminisme, les droits des LGBT et autres « minorités » sont légitimes, mais comme pour toute personne ou minorité qui fait partie du corps sociale et qui ne devrait pas être discriminé pour des motifs illégitimes. D’ailleurs le point n’est pas seulement éthique, mais également dans le but de préserver la paix sociale, ce fameux « vivre ensemble ». Encore faut-il ne pas exacerber les tensions entre les différents groupes sociaux, ce que feront malheureusement ces extrémistes néogauches.

La grande Inquisition

En effet, les membres extrémistes de cette nouvelle gauche tendent de plus en plus à agir comme un nouveau clergé, des inquisiteurs du « Bien ». Ils se définissent comme athée pour la plupart en France, mais agissent comme des religieux intolérants qui ne supportent pas la remise en question de leurs dogmes. En d’autres termes, ces apôtres de la tolérance sont paradoxalement extrêmement intolérants et discriminant envers ceux qui vont les contredire. N’hésitant pas non plus à proscrire tout débat avec ceux qui ne pensent pas comme eux, allant même jusqu’à critiquer violemment une jeune féministe, a priori influente sur le web, pour avoir débattu avec une anti-féministe. D’où sa réaction :

« J’ai ouvert ma chaîne pour parler de féminisme et de sexualité, mais c’est devenu de plus en plus difficile […]. On est arrivé à un point ou parler de féminisme, ou même juste parler, d’hommes et de femmes par exemple, déclenche l’indignation chez certaines personnes qui semblent déterminées à mal interpréter ce que vous dites quelles que soient vos précautions. Et je vois ces mêmes personnes lancer des campagnes pour que des gens soient virés de leur job ou rejetés de leur communauté. Ce n’est pas du féminisme, c’est du harcèlement. »

C’est donc ce genre de pseudos progressistes et leur attitude fascisante que cette féministe dénonce que je vise dans cet article. Ils se reconnaîtront. Car heureusement, il y a des progressistes et personnes de gauche sincères, cohérentes, en accord avec elles-mêmes et modérées.

Mais cette manière de faire est aussi symptomatique de ce fascisme néogauche. On y voit à l’œuvreune meute de progressistespratiquer une violence sous forme de harcèlement (ici sur une autre progressiste de surcroît). Type de harcèlement dont elle dit qu’il vise également à faire perdre l’emploi des personnes visées, comme à un rejet de leur communauté (on l’a vu récemmentavec l’affaire d’un employé de google sur la diversité, mais les mises à l’index de ce type sont multiples). Donc qui vise une mise à mort sociale de la personne visée, comme une mise à mort tout court dans les cas les plus extrêmes. Est-il utile en effet de rappeler qu’un harcèlement peut conduire au suicide de la personne qui en est visée ? Ou comment rétablir la peine de mort (au minimum symbolique, si ce n’est social) au nom du bien.

Avec cette manière de faire, on retombe dans des logiques de grande inquisition de type religieuse, où au nom de la défense du bien et de dogmes établis une meute aura le droit de vous lyncher en toute bonne conscience, comme en toute injustice. Pain bénit s’il en est pour tous ceux qui savent manipuler ces meutes dans le but de faire taire toute opposition politique, ou encore pour de simples vengeance personnelles.La notion de procès équitable n’ayant pas cours pour ces justiciers de l’injustice, la calomnie pourra devenir la norme et faciliter tous les excès.

À ce propos, doit-on également rappeler à ces pseudos progressistesqu’il existeau niveau des lois, ou encore des droits humains, une notion de procès équitable dans le but d’éviter toute sortes d’injustice lorsqu’une personne est accusé d’un méfait, donc dans le but que la vérité puisse se manifester pour pouvoir appliquer un châtiment en proportion de la faute le cas échéant. Est-il utile aussi de rappeler que malgré ces gardes fous législatifs nous ne sommes pas à l’abri d’erreurs judiciaires ? Pour ceux que ça intéresse on retrouvera cette notion de procès équitable au sein de l’article 6 de la Charte Européenne des Droits de l’Homme.

Donc un bel exemple de ces fascistes qui s’ignorent, et qui n’hésitent pas à utiliser une forme de violence inouïe à l’encontre de ceux qui dévient du dogme. Ou comment se salir les mains tout en ayant bonne conscience. Car on a bien affaire ici à des méthodes fascistes de soumission en utilisant des moyens de coercition abusifs en lieu et place de l’utilisation de la raison (d’autant plus flagrant ici que la volonté d’avoir mis en place un débat entre une féministe et une anti-féministe a été la cause de ce déchaînement contre cette féministe). Mais malgré une certaine ironie, le sujet est grave aux vues des conséquences possibles.

Notons que les points Godwin attribuées à tort et à travers tels que « nazis », « machos », « réac », ou encore « homophobes » seront facteurs d’excommunication par ces groupes à haute tolérance ajouté. Ces censures sont d’autant plus navrantes, non pas seulement parce qu’elles limitent la liberté d’expression (on est plus à une contradiction près), mais aussi, et souvent, parce que ces extrémistes ne réalisent pas la complexité des problématiques qu’ils prétendent défendre, et donc des contradictions et informations nécessaires à leurs discours bien souvent simplistes, si ce n’est naïfs et en contradiction avec la nature humaine.

D’où l’utilité de débats et d’une liberté d’expression préservée. Débats qui, en plus de pouvoir relever la complexité des problématiques abordés, auront aussi l’utilité de pouvoir se trouver des points communs entre personnes aux façons de voir antagonistes. D’arriver à se focaliser sur nos points communs au lieu de nos différences (donc pour faciliter un apaisement des tensions, et un pas vers ce fameux vivre ensemble entre groupes sociaux différents). Ou encore de permettre à la vérité de pouvoir se manifester étant donné que bien souvent ce sont des malentendus qui nous opposent. Sans compter non plus qu’un débat est souvent nécessaire pour casser certaines idées reçues et autres préjugés liés à toutes forme de discrimination. En ce sens, cette féministe dont je parlais plus haut avait bien évidemment raison d’avoir voulu débattre avec une anti-féministe.

Notons encore que prétendre faire partie du camp du bien ou d’une minorité ne devrait pas être un pare-balles justifiant toutes sortes d’attitudes sociopathiques. Passons.

Mais ces extrémistes ne réalisent pas non plus que leur intolérance engendre du ressentiment envers leur groupe social et leur « cause » comme on va le voir avec l’exemple du racisme.

Comment ces extrémistes néogauche ont contribué à faire monter l’extrême droite

Donc ces attitudes intolérantes de cette néogauche ont montré leurs limites, notamment en ce qui concerne la lutte contre le racisme. Si dans les années 90 les mouvements antifas ont fait le boulot sur le terrain, la donne a aujourd’hui changé, tout comme l’optique de ces mouvements antifas qui n’est plus tout à fait celle d’avant.

Concrètement, l’extrême droite n’a fait que de monter, et séduit de plus en plus les classes populaires en reprenant en partie le rôle que la gauche a délaissé. De la même façon, le racisme a augmenté depuis les années 90. Donc la lutte contre le racisme en France a été depuis plus de 20 ans un échec. Peut-être des questions à se poser.

D’ailleurs l’intolérance de ces nouveaux antifas qui refusent de discuter avec une frange du peuple et les insultent, a facilité la division du peuple, comme a aidé à pousser ce même peuple dans les bras des mouvements d’extrême droite. Inutile de dire aussi que cette attitude est justement des plus fascistes (car intolérante, violente, coercitive, contre la liberté d’expression, etc), et surtout improductive.

Mais certains médias ne sont pas en reste. Le clergé médiatique du camp du bien pratique lui aussi l’intolérance tout comme son pendant dialectique qui est la vision binaire des choses. Vision binaire qui aide à clore tout débat et empêche d’élever la problématique vers une pensée complexe et pourtant nécessaire. Les problématiques liées au racisme et à la défense des minorités sont souvent abordés d’un point de vue naïf qui paradoxalement tend à faire augmenter ce qu’ils prétendent défendre. Les études ont montré que rabâcher que le « racisme c’est mal » ne fait qu’augmenter le sentiment raciste des personnes prédisposées, la problématique est malheureusement complexe et multifactorielle.

Certains politiques ne sont pas en reste, où on a vu cette nouvelle gauche depuis Miterrand se servir de l’extrême droite pour diviser la droite. Ne parlons pas non plus des discussions interminables sur le voile et les notions de laïcité qui n’ont fait que diviser la population tout en faisant le bonheur de l’extrême droite.

Mais au-delà de l’intolérance de ce néoclergé, les extrémistes de gauches ont encore d’autres contradictions.

On pourra voir notamment les classes moyennes et supérieures qui sont intéressés par représenter le camp du Bien, qui tout en dénonçant le racisme, ne vont pas moins pratiquer un racisme de classe envers les groupes sociaux défavorisés (certains bobos sont pas mal dans le genre). Ce racisme de classe prendra bien souvent la forme d’une condescendance exagérée (pour ne pas dire hypocrite) envers les plus défavorisés (qu’ils ne s’abaisseront bien souvent à ne pas côtoyer). Condescendance qui tout en masquant un sentiment de supériorité permet tout de même de rester dans le camp du bien, donc de continuer à représenter les « valeurs » de cette nouvelle gauche.

Bien sûr le racisme de classe des plus pauvres vers les plus riches existe aussi de la part de cette néogauche. Peut-être faut-il y voir un retour vers les origines de la gauche. Toutefois, si ce sentiment peut être parfois justifié à cause de certains conflits d’intérêts, voir quelquefois une sorte de jalousie, cela n’en reste pas moins une forme d’ostracisme.

Car cet ostracisme n’en est pas moins une forme de discrimination qui visera l’ensemble des classes dominantes. Donc un amalgame certains de ces tenants du « pas d’amalgame ». En effet, il en va des riches comme des pauvres, il y a de tout partout, et mettre tout le monde dans le même panier n’est pas des plus pertinents.

Mais il faut aussi bien comprendre qu’en appliquant un ostracisme envers un groupe social, cela aura tendance à provoquer un repli identitaire chez ce groupe social, repli identitaire qui risque d’aboutir à toute forme de radicalisme.

C’est pourquoi, le paradoxe de l’extrême droite vient du fait que leur attitude raciste et intolérante va avoir pour conséquence un repli identitaire des populations d’origine étrangères. Donc à empêcher l’intégration de ces populations étrangères qui tendront à devenir de farouches défenseurs de leur identité tout en rejetant l’identité française. Manque d’intégration qu’ils dénoncent pourtant, et dont ils ont au final une part de responsabilité.

Le paradoxe de ce fascisme néogauche, quant à lui, vient du fait que leurs discours bien souvent naïf, comme leur attitude de discrimination et d’intolérance de fait envers tous les individus jugés racistes, ou encore réactionnaire, va avoir pour conséquence un repli identitaire qui prendra la forme cette fois d’un plus grand nationalisme, comme d’un plus grand sentiment de racisme de la part des personnes prédisposés. Donc tendront à radicaliser la droite identitaire, et tous ceux qui ne peuvent plus exprimer d’opinions contre le dogme à devenir de plus en plus réactionnaire et anti progressiste. Donc favorisent ce qu’ils prétendent eux aussi combattre.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles les extrêmes ont la fâcheuse de s’auto alimenter comme on a pu le voir dans un autre article, comme à avoir tendance à augmenter le clivage entre groupe sociaux au sein du corps social, et donc toutes les tensions qui vont en découler. Notamment l’insécurité et la répression qui va suivre pour justifier son contrôle. Là encore, répression policière que les néogauches prétendent combattre.

L’autre paradoxe qui découle du premier est que cette attitude a également participé à pousser une frange du peuple vers l’extrême droite étant donné que la gauche traditionnelle, par son inexistence relative, ne pouvait plus faire son boulot de défense des intérêts du peuple. Mais aussi à durcir la droite pour se mettre au diapason et ne pas perdre d’électeur. Donc cette néogauche par le fait de traiter de « connard » sans réfléchir celui qui ne parlerait pas dans les canons du bien, à eu tendance à faire monter cette extrême droite qu’ils prétendaient combattre, et donc bien sûr diviser le peuple. Une fois encore.

En d’autres termes ces extrémistes traitent de « connard » ceux qui ont bien souvent un comportement qui ne diffère pas de la moyenne de l’humanité, ni du leur d’ailleurs pour peu qu’ils s’en rendent compte (même s’il vise des individus différents, leur attitude démontre de l’intolérance, de la discrimination, etc). Ils vont aussi traiter de « connard » une frange du peuple que la gauche originelle aurait eu plutôt tendance à défendre, comme à comprendre, et surtout qui ne sont pas des extrémistes dans l’âme. Une autre contradiction de cette néo gauche s’il en fallait encore une.

De la même façon ces néohumanistes n’ont pas voulu comprendre que le rejet de l’étranger est un sentiment malheureusement humain et naturel qui nécessite pour être atténuer une attitude bien souvent contraire à celles qu’ils utilisent, comme elle nécessite du temps. Ce rejet de la nature humaine explique en partie les problématiques liées à l’intégration dont nous avons à faire face, comme la montée de l’extrême droite.

En effet, l’intégration d’individus étrangers au sein d’une nation est une problématique complexe qui a été loin d’être préparé au sein de nos sociétés. Mais il faut reconnaître que la chose est relativement nouvelle au sein de nos sociétés occidentales, ceci expliquant peut-être ce défaut de préparation, comme l’approche naïve pour combattre le racisme et faciliter l’intégration. Un manque de recul sur la problématique donc.

Mais d’un point de vue plus générale, l’extrémisme progressiste aura tendance à augmenter les sentiments anti progressistes pour des raisons similaires.

Les formes de violence des extrémistes néogauche, l’autorité matriarcale

Notons enfin que la violence de cet extrémisme progressiste est bien souvent psychologique, peut-être à cause d’un certain rejet de la violence physique par certains, et même si cette violence peut être pire que la violence physique. On l’a bien vu avec l’exemple de cette féministe qui s’est fait harceler par son propre camp.

Mais elle prend aussi souvent la forme d’un mot d’ordre qui consiste à devoir « ridiculiser les cons », où le con est bien souvent celui qui ne leur ressemble pas, celui qui ne répond pas aux canons du dogme (certainement une nouvelle définition du « con », si tant est qu’il y en est une). En oubliant que leur manque de discernement de la problématique, leur manque d’humanisme certain, comme leur attitude violente et intolérante en font eux-mêmes des cons. Et si l’on reconnaît les cons au fait qu’ils se croient tout permis (d’autant plus si l’on croit faire partie du camp du bien), on les reconnaît aussi parce qu’ils ont tendance à nous rendre nerveux.

L’autorité et la violence de cette néogauche est donc à tendance matriarcale, elle y est plutôt indirect et se base sur la culpabilité face à ce qui est considéré comme le « bien » (pour eux) que l’on doit forcément aimer. Le concept étant plus complexe et moins connu que l’autorité patriarcale (qui est plutôt utilisé par la droite), voici un exemple caricatural de ce type d’autorité.

Dans un concept d’autorité matriarcale, la mère pourra demander à ces enfants de faire quelque chose qui ne leur plaît pas de la façon qui suit.

– Mon chéri, maman a besoin de sucre, est-ce que tu peux aller en chercher ?

– Non je n’ai pas envie.

– Pourquoi tu n’aimes pas ta maman ? Regarde, je suis en train de faire à manger et je ne peux pas me déplacer. Quand j’étais enfant et que ma mère me demander d’aller chercher quelque chose, j’y allais parce que je l’aimais et que je ne voulais pas qu’elle se fatigue … [et harcèlement culpabilisateur et moralisateur jusqu’à ce que l’enfant obéisse].

Dans un mode patriarcal cela prendrait plutôt cette forme :

– Tu vas chercher du sucre ?

– Non, je n’ai pas envie.

– Dépêche toi, de toute manière tu n’as pas le choix

Ces deux types d’autorités pourront être utilisés indifféremment par des hommes ou des femmes, avec toutes les nuances qu’il peut avoir entre ces deux extrêmes. Et au final la personne n’aura pas le choix, ni son mot à dire dans les deux cas.

L’amour de la mère va donc être remplacé par l’amour, ou plutôt l’adhésion, à une notion de bien. Notion de bien souvent considérée comme universelle pour en souligner l’impacte et le fait qu’il n’y a pas d’autres moyen de faire. Il va donc y avoir une tendance à développer une vision binaire qui ne va pas prendre en compte les facteurs extérieurs et toutes les nuances que nécessite une discussion rationnelle. On y adhère ou non, mais on ne discute pas. Vision binaire qui est la base de tout concept d’intolérance, tout bord confondus.

Donc à la différence du fascisme de droite, cette adhésion sournoisement forcée va sous-tendre des concepts culpabilisateurs et moralisateurs pour s’y rallier (mais enfin tu ne peux pas dire ça, t’es un facho/réac ou bien ?). Concepts culpabilisateurs et moralisateurs en lieu et place de discours basées sur la raison, voir de discours tout court.

On est donc bien dans une logique dialectique et dogmatique religieuse, jugée pourtant archaïque par des anti-religieux au sein de cette néogauche. Paradoxe s’il en est, d’autant plus qu’ils ont repris les plus mauvais côtés des religions (culpabilisation et intolérance dogmatique) pour délaisser le meilleur, c’est à dire le côté spirituel (qui permet bien souvent aux adeptes des différentes religions de trouver un terrain d’entente).

D’ailleurs y aurait-il une relation entre le fait que des mouvements néogauches prônent un retour au matriarcat et le fait qu’ils en utilisent déjà la logique autoritaire ? La question reste ouverte.

Notons encore que cette logique autoritaire pourra être aussi utilisée par l’extrême droite (mais enfin tu ne peux pas dire ça, t’es pas un patriote ou bien ?). On parle bien ici d’une tendance à utiliser une forme d’autorité plutôt qu’une autre.

Mais en ce sens le fascisme de gauche est plus complexe que le fascisme de droite, son autoritarisme, sa violence et son intolérance sont moins directs, on peut ne pas comprendre tout de suite à qui l’on a affaire. Mais violence, intolérance, et forme de coercition liberticide basée sur une autorité de type matriarcale tout aussi condamnable que celle à tendance patriarcale.

Le fasciste de droite est donc plus simple à percevoir. Ces membres sont aussi en général plus francs, ont conscience de l’être et s’en cachent peu.

Le fascisme de cette néogauche est quant à lui plus difficile à percevoir, plus sournois et ces membres ont bien souvent aucune conscience de l’être. Ils pensent agir dans le sens du « Bien », ce qui les rend peut-être plus dangereux en terme démocratique. L’enfer est pavé de bonnes intentions comme on dit.

En conclusion

On a donc vu que ces extrémistes défenseurs des causes justes étaient dans les faits intolérants, fermés d’esprit, discriminants, coercitifs, violents et donc liberticides et agressifs envers ceux qui ont une autre vision des choses. Qu’ils refusent le débat avec ceux qui ne pensent pas comme eux, pourtant un des principes de base d’une démocratie.

Que s’ils ne pratiquent pas de discrimination basée sur l’ethnie (racisme au sens propre), ils pratiquent de la discrimination sociale et groupale. Que s’ils ne pratiquent pas des formes de discrimination envers la femme ils peuvent le faire envers les hommes (tous des machos, salauds, porcs, etc). Que s’ils sont homos et défenseurs des droits LGBT ils peuvent être à tendance hétérophobes (emploi du mot hétéro-beauf par exemple). Donc qu’ils sont ouverts d’esprit à condition que l’on ait le même esprit qu’eux.

Mais aussi qu’ils utiliseront des moyens coercitifs et abusifs (majoritairement basés sur une autorité matriarcale) dans le but de soumettre à leur dogme, en lieu et place de l’utilisation de débats. Donc ce que j’appelle des attitudes à tendance fascisantes, et qui ne diffèrent pas des attitudes de fascistes de droite sur le fond. Et bien sûr, ils ne sont pas hermétiques à toutes formes d’amalgames (autre comportement humain s’il en est, directement relié à la façon dont notre cerveau traite les informations, et qui ne se résout pas à coup de « pas d’amalgames »).

Mais aussi que par leurs attitudes ils tendent à alimenter le racisme, la misogynie, l’homophobie, et tout ce qu’ils prétendent combattre. Ne serait-ce qu’à cause de toutes leurs contradictions qui vont forcément énerver ceux qui ne prétendent pas faire partie du camp du bien (qui pourront notamment leur dire « mais pour qui tu te prends, quelles leçons tu veux me donner, tu t’es vu ? »), mais aussi les autres. Ces humanistes devraient donc se rappeler de ce vieux principe humaniste : « avant de vouloir changer le monde commence par te changer toi-même ». Sois cohérent en quelque sorte.

Cette prise de conscience sera certainement difficile à admettre pour certains, d’autant plus que penser faire partie du camp du « Bien » les poussent à se croire dans leur bon droit. Donc si leur intention de départ peut être louable, cette prise de conscience n’en est pas moins salutaire s’ils ne veulent pas favoriser ce qu’ils dénoncent et critiquent.
En espérant qu’ils sauront faire preuve d’ouverture d’esprit, voir même d’humour face à la critique. Critique qui se veut argumentée, et donc j’espère constructive.

Donc paix sur terre aux êtres humains de bonne volonté, quel que soit leur race, genre, orientation sexuelle, orientation politique, groupe d’appartenance, classe sociale d’appartenance, religion, etc.

Amen.

Ps : Et pour ceux que ça intéresse quelques livres sur le sujet :

Stéréotype, préjugés et discriminations

Le prix de l’inégalité

Les origines du totalitarisme

L’homme révolté

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3 réflexions au sujet de « Le nouveau fascisme de gauche »

  1. monde indien

    Les intolérances de groupes culturels les uns envers les autres et qui engendrent des tentatives pour imposer de manière violente des façons de vivre n ‘ indiquent peut-être que des incompatibilités insolubles entre ces différentes façons de vivre – ( si ce n ‘ est par la séparation ) –

    Répondre
    1. Joseph Auteur de l’article

      @monde indien

      Oui, ça peut être complexe. Lorsque l’on étudie les groupes sociaux il apparaît qu’il y a aussi énormément de malentendus entre groupes différents. Ils ont donc tendance à se focaliser sur leurs différences, plutôt que sur leurs points communs. D’où une solution possible via des discussions entre gens raisonnables issus de ces groupes dans le but de lever ces malentendus, et de trouver un terrain d’entente. Lorsque interviennent les conflits d’intérêts, l’unique solution est la coopération, qui nécessite donc des débats en amont. Les dettes (ou présumées comme telles) entre des groupes peuvent aussi venir compliquer la situation, donc là encore il y a nécessité de discussions dans le but de trouver une solution.

      Ensuite, si effectivement un groupe refuse toute solution raisonnable basée sur un dialogue réel, tente d’imposer ses vues par la force (qu’elle soit psychologique ou physique), alors effectivement, il vaut mieux la séparation, chacun de son côté (là encore une dette peut venir compliquer la donne). Sinon, c’est la guerre. Et dans une guerre, tout le monde y perd quelque chose. Même celui en position de force qui joue avec un coup d’avance.

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  2. monde indien

    Admettons … mais on a le droit de refuser de se laisser mener de fausse discussion en fausse discussion quand une partie visiblement refuse . C ‘ est ce qui s ‘ est passé quand Macron a récemment  » reçu  » le délégué syndical des GM&S ou qu ‘ il a refusé de rencontrer les comités d ‘ opposition en Guyane – curieuse démocratie … On peut toujours faire sécession … La Catalogne montre que même les riches peuvent le faire … Peut-être que les pauvres montreront un jour qu ‘ ils peuvent le faire aussi . Personnellement c ‘ est ce que je préconise – Mais comment le faire ? c ‘ est sans doute un peu complexe , mais peut-être pas tant que ça .

    Répondre

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