Guerres au MO, europe, islamophobie, lutte des classes, économie, … tout est lié

de | 17 septembre 2016
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On verra au travers de cet article comment certains problèmes et polémiques que nous avons l’habitude d’évoquer peuvent être reliés. Notamment en relation avec ce que l’on appelle le Grand Jeu. Grand Jeu que l’on peut voir comme une partie d’échec sur l’échiquier planétaire dont le but est d’en contrôler les ressources. Certains diront une partie de Go.

Expression popularisée par Rudyard Kipling, le « Grand jeu » fut, au XIXème siècle, la rivalité pour le contrôle de l’Asie centrale entre l’Angleterre victorienne, installée aux Indes, et la Russie tsariste, en expansion vers le sud et l’est. On en retrouve les conséquences au MO de nos jours, mais pas que. Plus d’explications ici, ou encore ici.

Europe

Si l’on se réfère à certains freins liés à la mise en place d’une « Maison commune », la stratégie atlantiste est d’éviter la vision gaulliste qui consisterait à faire une Europe de l’Atlantique à l’Oural. De Gaulle voyait d’ailleurs en Jean Monnet, un des pères de l’Europe, un agent américain. Ce que les archives déclassifiées ont montré par la suite. Si l’on peut penser que l’idée d’un fédéralisme européen pourrait être une solution parmi tant d’autres, nous en sommes loin aujourd’hui. On peut voir que le principe de subsidiarité (donner la liberté d’action aux entités qui composent un tout) inhérent à un système fédérale sain, n’est pas appliqué de nos jours.

On est plutôt dans une organisation européenne quasi liberticide envers ses membres. Il faut dire aussi qu’un des buts de cette Europe est d’empêcher tout rapprochement avec la Russie, ou encore d’en faire un immense marché, intérêts qui iront bien souvent à l’encontre des Nations composant cette Europe qui manque d’un réel pouvoir politique. Ce manque de politique commune est expliqué par Marie-France Garaud, l’ancienne conseillère de Jacques Chirac.

Donc intérêts à l’encontre de l’Europe à l’image du TAFTA qui de l’aveu même d’un rapport US donnerait bien plus d’avantage aux américains qu’aux européens. Ces intérêts contradictoires ne pourront être résolus que par un dirigisme qui ne prend pas en compte les revendications de ses membres. On peut penser que le Brexit est une des conséquences de ce dirigisme, tout comme les tensions qui la secouent, tout comme l’augmentation d’un sentiment de rejet envers elle.

Un des buts était donc pour les USA d’avoir la main mise sur L’Europe dans le but de ne pas perdre leur hégémonie mondiale en cas de rapprochement avec la Russie. Une tactique géostratégique liée au Grand Jeu, mais une tactique qui ne va pas toujours dans le sens de nos intérêts. Le système Européen est aussi de plus en plus rejeté. Cette stratégie qui n’a pas voulu prendre en compte la légitimité des peuples Européens à disposer d’eux-mêmes à l’aide un plus grand respect du principe de subsidiarité commence à se retourner contre ceux qui l’on mise en place. C’est à dire les plus impérialistes du gouvernement Américains, ceux que l’on appelle aujourd’hui les néocons.

Guerres au MO

Là encore ces guerres n’ont pour seul but qu’un contrôle des ressources et des positions géostratégiques sur l’échiquier du Grand Jeu. Depuis l’accusation de Tony Blair on voit bien que ces interventions étaient illégitimes. Elles ont en outre fait monter le terrorisme et entraîner un bourbier inextricable. Au final Dieu ne fut pas du côté des plus gros canons, ces stratégies qui n’ont utilisé que la force sans prendre en compte la légitimité des actions n’ont fait que faire prendre du recul aux USA sur l’échiquier du Grand Jeu. Ils se sont pris dans le bourbier au Moyen Orient et ont perdu de l’influence en Amérique Latine. Ce fut un échec.

En parallèle, la Russie s’est relevée de l’effondrement de l’URSS, de même que la Chine, l’Inde, et d’autres pays ont pris de l’ampleur sur le terrain géopolitique. On a pu le voir au travers de la création des BRICS, de l’OCS, ou encore de paiements internationaux en devise autres que le dollars.

Notons aussi qu’il se dit que les USA ont essuyé un refus face à leur demande d’être observateurs de l’OCS. A contrario, auraient-ils accepté que la Chine ou la Russie soient observateurs de l’OTAN ?

G.Friedman, membre influent de l’élite US, qui disait à propos des stratégies employées , « c’est cynique, amoral, mais ça marche », semble s’être trompé. Il semble que ce cynisme et cette immoralité n’ont pas rempli leurs objectifs sur le long terme, et ont eu même tendance à se retourner contre ceux qui les ont mises en place.

Cynisme et amoralité qui selon Hannah Arendt n’ont pas aidé non plus les services secrets Russes à l’époque des tsars (dans « Les origines du totalitarisme » ). Services secrets qui pour discréditer l’opposition ont monté des opérations sous faux drapeau. Opérations qui ont finalement aidé les bolcheviques à destituer le Tsar et prendre le pouvoir. Rappelons que le vice ne peut remplacer ou être confondu avec l’intelligence sous peine de reproduire les erreurs du passé. L’histoire devrait nous servir de leçon.

On voit donc, que les stratégies les plus extrémistes des néocons n’ont fait que desservir leurs intérêts, comme on a pu le voir dans un autre article. Certains semblent en revenir, à l’image de Breizensky, présenté comme « référence majeure de la pensée stratégique des Etats-Unis », qui dit que « des membres puissants de l’establishment ne croient plus que Washington puisse l’emporter dans sa quête pour étendre l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et l’Asie ». Il dit aussi à propos du monde musulman « que la prise de conscience politique actuellement violente parmi les musulmans post-coloniaux est, en partie, une réaction tardive à leur suppression parfois brutale ». Il parle aussi de « sentiment d’injustice » ressenti par le monde musulman. Tout comme il reconnaît l’émergence des puissances Russes et Chinoises, et plaide pour un resserrement des liens.

Ce revirement semble bien possible aux vues des reculs subis sur l’échiquier mondial, mais aussi des sommes perdues par les guerres extérieures. Les infrastructures des USA en ont peut-être pâtis, et beaucoup semblent en désuétudes par manque de financement. Le site de l’American Society of Civil Engineers montre que l’état des principales infrastructures américaines vont majoritairement de médiocre à pauvre. Il estime également un besoin d’investissement de 3.6 Trillons $ pour 2020.

On a vu aussi s’opérer un rapprochement vers Cuba et l’Iran, etc. Un signe de changement comme semble le dire Breizensky, ou bien un signe des luttes d’influences qui peuvent se jouer au sein du gouvernement américain ? Luttes d’influences qui pourraient expliquer certaines contradictions vues de l’extérieur s’il y a une obligation de ménager la chèvre et le chou ? Difficile de déterminer exactement.

Islamophobie

Comment légitimer des actions au Moyen Orient sans avouer que tout n’est lié qu’à des intérêts ? La « solution » n’est pas nouvelle, montrer ceux que l’on veut attaquer comme des barbares, comme une menace que nous devons éliminer pour notre bien, et pourquoi pas pour le leur. Un groupe de réflexion financé par les néoconservateurs semble même avoir été mis en place à cet effet. Le MEMRI.

Ce groupe de réflexion va donner, de manière plus ou moins subtile, tout un tas de rhétoriques fallacieuses et orientés que l’on peut entendre sur le monde musulman. Il vise à donner une mauvaise image de l’islam et le rendre menaçant. Il oriente ses vues en reprenant les exemples des membres les plus fanatiques du monde musulman, dans le but de donner une vision faussée et subjective de la réalité.

Leur thèses sont reprises par les néocons va-t-en-guerre français, à l’image de BHL et de ses comparses qui vont se charger de les diffuser, certainement dans le but de définir « les règles du jeu ». Ce même BHL qui aux côtés de Sarkozy et Blair a soutenu l’invasion en Lybie. Intervention maintenant dénoncé par un rapport anglais suite à la déstabilisation de ce pays. Ce même Tony Blair également mis en cause par un autre rapport sur l’illégitimité de l’intervention en Irak.

Drôle de jeu, qui en plus de faire souffrir les populations de certaines régions du globe, ne semble pas toujours profiter à ces initiateurs. Sûrement une certaine vision du donnant-donnant où les perdants se ramassent à la pelle.

Fanatisme religieux sur lequel le MEMRI oriente ses vues dans la volonté de l’amalgamer avec l’islam, et qui est aussi une conséquence du prosélytisme des pays du Golfe. Prosélytisme orchestré au niveau mondiale par le financement d’école coranique, de lieux de cultes, et de la diffusion de Coran contenant des commentaires qui orientent son interprétation vers une vision littéraliste et rigoriste.

Vision littéraliste et rigoriste qui, comme pour toutes les religions, à la fâcheuse tendance à engendrer des points de vue extrémistes et fanatiques. Pays du Golfe qui sont aussi des partenaires depuis au moins les colonies Anglaises du XIXe siècle pour des intérêts liés au Grand Jeu. Le Dr Frankenstein va-t-il réussir à garder le contrôle sur le monstre qu’il a contribué à créer ?

Bien sûr l’islamophobie peut avoir bien des avantages. Elle va plaire aux racistes qui ne supportent pas l’autre, aux athéistes extrémistes, aux adeptes des guerres de civilisation, à ceux qui sont en guerre contre les musulmans, à ceux qui veulent faire monter les extrémismes pour s’en servir sur le terrain géostratégique et politique, aux politiques pour créer des polémiques et dévier la population des vrais problèmes.

Aux politiques pour mieux cacher leur incurie à gouverner le pays, mais aussi pour d’autre tactiques tel que la division de la population sur de faux problèmes, ou encore rassembler face à un ennemi. En France on peut aussi remarquer que la laïcité a été dévoyée. Elle est devenue une arme à alimenter cette islamophobie.

A partir de là on peut supposer que si les néocons ont tout intérêt à alimenter l’islamophobie, d’autres le font peut-être sans avoir conscience de qui ils aident. On ne fait aussi que de monter les communautés les unes envers les autres, de créer des clivages permanents et perpétuels où aucun ne va essayer de s’entendre avec l’autre.

A l’image de certains antifas qui n’ont pas voulu publier un article sous prétexte qu’il avançait l’idée selon laquelle tous les électeurs du FN ne sont pas forcément des « connards ». L’ont-ils fait parce qu’ils voient réellement les électeurs FN comme tel ? Ou bien parce qu’ils ne veulent pas qu’il puisse avoir une entente dans les polémiques qui les opposent ? Y a-t-il une volonté de leur part d’engendrer une opposition perpétuelle qui empêche l’unité, de favoriser le divisé pour mieux régner ? D’où peut-être des rumeurs qui disent que certains antifas sont de mèche avec ces néocons dans le but de laisser le problème insoluble et continuer à l’alimenter à l’aide de tensions réciproques. Difficile de déterminer le pourquoi du comment.

De même, de nombreux mouvements d’une certaine gauche (mais la droite ignore le problème tout autant), vont être contre un ralentissement de l’immigration. Là aussi c’est pourtant une solution majeure pour éviter d’augmenter les tensions au sein de la population au regard de la situation actuelle, et même si cette solution ne fait pas partie de mes idéaux.

A tort ou à raison, de nombreuses personnes réclament un ralentissement de l’immigration, lorsque ce n’est pas son arrêt pure et simple. À croire que ceux qui s’y opposent de manière catégorique n’ont pas envie que les polémiques stériles prennent fin, ou ne se rendent pas compte. Toujours est-il que cela ne fait qu’engendrer des frustrations chez ceux qui voient l’immigration comme un problème, et ne fait qu’augmenter cette islamophobie via un phénomène de rejet de cette frustration. Polémique qui profite une fois de plus aux néocons atlantistes. Mais aussi aux terroristes qui revendiquent ouvertement la volonté d’augmenter l’islamophobie dans le but de créer des affrontements communautaires en Occident.

On voit donc qu’au jeu de l’islamophobie, toutes les mouvances politiques sont potentiellement concernées. Soit à donner une mauvaise image du monde musulman, soit à favoriser les divisions et autres diversions à l’aide de polémiques que personne ne semble vouloir résoudre. Pendant ce temps le Grand Jeu continue à l’avantage des néocons.

La lutte des classes

Voila encore un système basé sur l’opposition. Cette fois non pas au sein du peuple, mais entre les classes dirigeantes et le peuple, le gouvernement et les gouvernés. Warren Buffet disait que cette lutte a été gagnée par sa classe. Il a raison, et tord à la fois. La vérité est que sa classe a toujours dominé, donc n’a eu aucun besoin de gagner. Bien qu’elle fut quelquefois renversée, à l’image de la révolution française, bolchevique, et autres chutes de régimes.

Pourtant, tous au sein de cette classe n’ont pas été éliminés lors de ces renversements de régime, et l’ensemble du peuple n’a pas pour autant pris le pouvoir. Sans parler des violences et des déstabilisations engendrées par de tels pratiques pour retourner à un système où continuent à subsister des hautes classes.

On en arrive à une contradiction sur cette lutte des classes, mais aussi de tout système révolutionnaire « populaire ». Une révolution produit le chaos, et ce chaos est propice au changement pour certains. Notamment pour ceux qui ont suffisamment de pouvoir et de réseau pour en profiter. Mais qui a ce pouvoir et ce réseau ? Bien souvent ceux des plus hautes classes. Le peuple, lui, a toujours eu la fâcheuse tendance à se faire utiliser dans ce genre d’histoire, mis à part une faible minorité qui a su en profiter. Donc au final il n’y a pas eu de grand changement en ce qui concerne le peuple.

On peut donc se demander si ceux qui prônent cette lutte des classes ne le font pas dans leur propre intérêt, dans le but de se servir du peuple pour prendre le pouvoir (démagogie) ? Ou encore ne font que donner des faux espoir en un monde utopique pour que rien ne change réellement ? Ou encore y croient réellement ?

On serait aussi en droit de penser que si les idées collectivistes, qui découlent bien souvent de ces théories, peuvent fonctionner via des communautés autonomes, il semble plus problématique de vouloir imposer ces vues à l’ensemble d’une Nation. Cela reviendrait à imposer une façon de faire que tout le monde ne veut pas forcément suivre. Cela reviendrait à remplacer un dirigisme par un autre dirigisme.

Toujours est-il, qu’il semble normal que si les classes dirigeantes n’écoutent pas les plus modestes, elles les poussent à la révolte et à différentes formes de protestations. Jusqu’au jour où ces protestations sont récupérées pour renverser une partie de ceux au pouvoir, et on recommence un tour. Il semble une fois de plus que ce système d’opposition est néfaste à l’ensemble, et ne fait que reculer pour mieux sauter au lieu de mettre les problèmes sur la table et chercher à les résoudre sereinement.

Rajoutons aussi qu’il semble normal d’attribuer la responsabilité des problèmes d’un pays à ceux qui en détiennent les rênes, bien plus qu’à ceux qui ne les détiennent pas. Tout comme il paraît normal de demander des comptes aux classes dirigeantes en cas d’abus. Toutefois, et comme pour le peuple, il existe au sein des hautes classes des pourris, comme des non pourris.

Mais si les classes dirigeantes ne souhaitent pas respecter le principe de base démocratique du dialogue constructif face à des revendications légitimes, alors il semble normal de tomber dans le principe d’un climat insurrectionnel propre aux révolutions. Raymond Aron défini très bien ces deux principes antagonistes (« Introduction à la philosophie politique – Démocratie et Révolution »). Donc qui pousse qui à la faute ? Qui ne respecte pas les règles du jeu démocratique ?

On peut dire aussi que cette mentalité de lutte des classes amène une autre division au sein du peuple. Le fait, très français, de voir patrons et entrepreneurs comme des salauds. La vérité est que nombre d’entrepreneurs ne gagnent même pas le smic. Pour beaucoup d’autres, ils ne gagnent pas plus qu’un cadre sup avec beaucoup plus d’heures effectuées. Là encore, la vérité est qu’il existe des salauds chez les patrons, comme chez les employés.

Pour faire simple, le fait est que les patrons ont besoin d’employés et que les employés ont besoin des patrons. Bien sûr si nous sommes dans un climat économique où règne un fort chômage, alors l’avantage du pouvoir de négociation va aller vers les patrons. Mais à qui la faute ? Qui est responsable du chômage au sein d’un pays ? Les patrons, ou ceux qui dirigent le système ?

Peut-être que beaucoup confondent patrons, et ceux qui profitent d’un système pour mettre en place un capitalisme non éthique. A l’image de ceux qui pratiquent le capitalisme de copinage qui leur permet de remporter les marchés par relation, au détriment d’une libre concurrence réelle et non faussée au sein des appels d’offres. Libre concurrence réelle et non faussée souvent difficile à pouvoir exister au sein de l’ensemble du secteur économique.

Ces facteurs sont certainement responsables d’une vision négative du capitalisme et du libéralisme. Rappelons que la philosophie libérale classique requiert une éthique pour pouvoir fonctionner, à moins d’aimer les régulations pour compenser les triches, et autres rapports faussés. Triches et rapports faussés malheureusement bien présents au sein de l’économie actuelle.

En matière de triche il y a aussi ce que Chomsky appel « socialiser les coûts tout en privatisant les profits », et qui permet à une minorité d’engendrer des gains grâce à un investissement des contribuables vers leurs entreprises (ex : financement par les impôts de guerres non justifiables au profit d’entreprises qui ne vont pas forcément reverser les bénéfices à l’ensemble ; la problématique de cette redistribution étant complexe).

Donc pourquoi se tromper de cible et favoriser une division au sein de ceux qui pourraient avoir les mêmes objectifs envers un système non-éthique ? Une fois de plus cela ne profite qu’à ceux qui abusent au sein des classes dirigeantes, paradoxalement ceux que cette lutte des classes semble vouloir combattre.

D’ailleurs cette opposition supplémentaire, et néfaste pour le peuple, est savamment entretenue par la droite (pour les patrons et la conservation du système tel qu’il est), et la gauche (pour les employés et le changement). La vérité, comme beaucoup semblent s’en apercevoir, est que bien souvent ces deux courants ne sont que les gardiens d’un système qui a peur des réformes. Quand ce n’est pas le peuple lui même qui a peur de ces mêmes réformes. Gouvernement et peuple se gênant mutuellement pour rendre une Nation réactive aux changements, comme l’avait déjà compris Durkheim au début du siècle dernier.

Cette volonté de division, et de non dialogue des hautes classes fait bien sûr partie d’une stratégie qui n’est pas propre aux néocons, et permet d’entretenir un statu qo. Mais en ce moment, le statu qo profite aux atlantistes, mais peut-être pas à tous.

En conclusion

On voit donc que les stratégies néocons ont envahie la société française, au détriment de nos propres intérêts. On voit aussi que ces stratégies sont reprises par toutes les classes politiques, de la droite à la gauche en passant par les extrêmes de tous bords. Stratégies reprises en toute conscience ou non de servir ces intérêts atlantistes.

On voit encore que ces stratégies se basent sur une propagande, une vision faussée et orientée des choses. Vision faussée qui mélange bien souvent vérités et mensonges pour mieux tromper, qui mélange mauvaise foi et cynisme. Le procédé n’est pas nouveau mais tend ici à soutenir des guerres qui vont à l’encontre de nos intérêts, soutenir une Europe qui va à l’encontre de nos intérêts, soutenir une islamophobie qui va à l’encontre de nos intérêts, soutenir une vision économique qui va à l’encontre de nos intérêts. Mais qui convergent vers les intérêts des USA.

Stratégie qui consiste aussi à fabriquer en ennemie ceux qui dérangent. En utilisant la calomnie dans le but de les ostraciser et de leur pourrir la vie. Hier communistes, aujourd’hui fanatiques islamistes, conspirationnistes, raciste, homophobe, antisémite, etc. Encore une fois on mélange vérités et mensonges. Certains sont en effet fanatiques, paranoïaques ou autres, mais pas tous ceux que l’on voudrait nous faire croire, lorsque ce n’est pas ceux qui accusent qui le sont.

Cela a aussi le mérite de pratiquer une sorte de censure, qui irait prendre la peine d’écouter un fanatique paranoïaque conspirationniste pédonazi ? Là encore la méthode n’est pas nouvelle, mais bien souvent les individus et Nations désignés comme ennemis pourraient être nos partenaires. Partenariat qui pourraient aller dans le sens de nos intérêts, mais pas forcément ceux des USA. A l’image de l’impossibilité pour Total de faire du commerce en Iran à cause du véto Américain sur ce pays, vu à l’époque comme un « ennemi ».

On le voit aussi en Syrie, où au lieu de concentrer toutes nos forces sur Daech qui lutte contre Bachar, nous aidons les USA à renverser Bachar pour qu’ils puissent prendre une place sur l’échiquier du Grand Jeu au détriment des Russes. Nous aidons les USA à conserver leurs visions impérialistes au détriment de la mise en place d’un monde multipolaire, et souvent de nos propres intérêts. Comme le dit un amiral Français :

«Depuis les origines de la construction européenne, les États-Unis ont tout fait pour faire [de l’Europe] un fournisseur de supplétifs, pour que les États-Unis fassent la politique de Défense et que les pays européens fournissent les contingents de tirailleurs qui iraient à la boucherie s’il le faut.»

Stratégie encore, par une division en camp distinct et à l’aide d’une rhétorique qui ne pourra qu’engendrer des polémiques stériles, donc empêcher tout rapprochement entre ces camps et trouver des solutions communes. Donc qui tend à rendre la polémique infinie et insoluble. Port du voile ou non ? L’islam est-il compatible avec la République ? Bachar est-il un dictateur, l’Iran est-il dangereux ? Les riches sont-ils des pourris, les pauvres des incapables ? Les patrons sont-ils des salauds, les employés sont-ils des faibles ? Et pendant que ces discussions stériles s’éternisent, elles ne font pas avancer nos intérêts. En revanche le Grand Jeu continu et fait avancer les intérêts de certains.

Diviser pour mieux régner, et surtout empêcher toute réunion possible de ceux qui se font abuser. On somme à chacun de choisir son camp au risque de passer pour un traître. Alors que ces stratégies néocons, elles, se placent au-dessus des camps étant donné que tous les camps font leur jeu comme on a pu le voir. Et pendant ce temps, eux s’occupent du Grand Jeu. Ou encore du monde de la finance, qui par son volume monétaire est loin d’être négligeable d’un point de vue stratégique, mais qui n’est qu’une composante de ce Grand Jeu. La guerre économique est aussi une lutte d’influence parmi tant d’autres.

Rappelons enfin que ceux que l’on appelle néocons sont plus ou moins extrémistes, plus ou moins d’accord. Ils ne forment pas un tout homogène bien qu’ils aient pu être d’accord sur la majorité des stratégies citées. Que les USA ne font que ce que toute Nation a pu faire par le passé, et fait encore. Que ces Nations furent Occidentales ou non.

En revanche, il semble qu’une fraction non négligeable au sein du gouvernement US tend à revenir de cette politique impérialiste. De même, si la Russie semble tendre vers un monde multipolaire, il semble tout aussi normal qu’elle cherchera à privilégier ses intérêts face aux autres.

D’autres diront encore que le vivre ensemble est de l’utopie. Que l’humanité a toujours connu des guerres. Bien sûr, mais lorsque l’on abreuve la population de mensonges sur l’autre, ou encore que nos structures entraînent plus de divisions que de convergences, comment pourrait-il en être autrement ? Cela ne limite pas les facteurs d’opposition qui poussent aux tensions et à la guerre, mais au contraire les exacerbent.

Toutefois ces facteurs ne sont pas forcément volontaires. Ils peuvent découler de nos instincts qui nous poussent à rejeter ce qui est différent de nous. Instincts qui se retrouvent au niveau des groupes sociaux qui ont tendance à se mettre naturellement en opposition, à avoir des idées fausses sur l’autre. Ceux qui mettent en place des structures et des systèmes rhétoriques peuvent donc obéir à ces instincts et biaiser cette mise en place dans le sens d’une opposition. Les deux phénomènes peuvent donc se mélanger (stratégie volontaire et instincts inconscients).

En d’autre termes, dans le but de prendre le temps de régler sereinement nos conflits d’intérêts ne faudrait-il pas que nous disposions d’une structure et d’une information médiatique qui nous permette de commencer par résoudre nos conflits idéologiques au lieu de les exacerber ? D’un système qui puisse nous orienter vers ce qui nous uni, plutôt que de nous focaliser sur ce qui nous oppose ? Un système qui tende vers une convergence des groupes sociaux plutôt qu’une opposition ? Opposition qui plus est, bien souvent basée sur des idées fausses, et qui nous fait perdre de vue nos point communs. Qui nous fait prendre nos décisions sur la base de croyances au lieu de faits objectifs.

On serait aussi en droit de se poser la question de savoir si le diviser pour mieux régner est la meilleur stratégie pour tous ? Il semble qu’il ne facilite pas un règne serein et les solutions pertinentes à long terme pour ceux qui le pratiquent, comme pour ceux qui le subissent.

Pour ma part mon camp est celui de ceux qui œuvrent au rapprochement et non à la division pour de fausses raisons ; de quelque bord qu’ils puissent être. De même, si tout le monde s’occupait de calmer les ardeurs des plus extrémistes, et autres faussaires de leur camp, le monde ne s’en porterait peut-être pas plus mal.

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2 réflexions au sujet de « Guerres au MO, europe, islamophobie, lutte des classes, économie, … tout est lié »

  1. pseudo

    Bon dans l’ensemble mais je trouve dommage la phrase suivante « On le voit aussi en Syrie, où au lieu de concentrer toutes nos forces sur Daech qui lutte contre Bachar, nous aidons les USA à renverser Bachar pour qu’ils puissent prendre une place sur l’échiquier du Grand Jeu au détriment des Russes. »

    Or, Daech est au contraire un épouvantail très commode pour permettre à Assad de justifier son maintien au pouvoir et, pourquoi pas, un ralliement derrière celui qui se présente comme un « rempart »… la bonne blague : Assad a tué beaucoup plus de civils que Daech.

    De plus, ce ne sont pas les USA qui font la guerre à Assad mais des Syriens. Tandis que ceux qui font la guerre à ses côtés sont pratiquement tous des étrangers : Hezbollah libanais par exemple, sans parler des miliciens islamistes chiites irakiens (brigade Al-Badr), yéménites (Houthis), afghans (réfugiés hazaras embrigadés par l’Iran), pakistanias… Toutes ces milices étant chapeautées (c-à-d financées, armées, entraînées) par l’Iran, véritable théocratie.

    Les mercenaires se trouvent du côté du régime. Les jeunes hommes syriens qui le peuvent fuient le service militaire obligatoire.

    L’Iran et la Russie ont également leurs propres troupes au sol.

    L’intervention la plus massive en Syrie n’est pas celle des Américains (leurs frappes contre Daech ne profitent à aucune troupe au sol et les armes qu’ils donnent aux rebelles sont non létales) mais celle du duo Russie/Iran qui a débuté depuis bien plus longtemps (2011) et qui consiste en pétrole, argent liquide, armes, munitions, bombes, « conseillers », miliciens, avions et hélicos et enfin frappes.

    Ce formidable « rempart au terrorisme » est en fait complètement sous perfusion militaire étrangère car… il a perdu la guerre. Ce régime est honni par la population syrienne qui a manifesté en masse contre lui. Il y a longtemps qu’il aurait déguerpi sous la pression populaire à l’instar de Ben Ali et Moubarak mais trop de pays ont trop d’intérêts à ce qu’il se maintienne pour le lâcher. Et tant pis si ça fait crever des milliers de civils.

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    1. Joseph Auteur de l’article

      Il ne faut pas perdre de vue que l’ingérence pour ce qui est de la Syrie vient des USA, suivies par le camp Occidentale. Toute violation d’ingérence étant (normalement) condamnable si le pays en question ne représente pas une menace direct. En l’occurrence, Daech est une menace direct pour nous.

      Ce sont nous qui armons (et poussons) les opposants à Assad. Tout comme Ben Laden fut armé et poussé par les USA, la technique n’est pas nouvelle, et pas seulement utilisé par les USA. Parmi ces opposants à Assad certains ont même applaudi les attentats de Paris.
      http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/le-front-al-nosra-soutient-les-attentats-de-paris-malgr-son-opposition-avec-l-tat
      http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/alain-chouet-ce-n-est-pas-en-armant-des-salafistes-qu-on-trouvera-une-solution-16-03-2013-1640727_53.php

      Ensuite pourquoi disserter sur le côté dictatorial de la Syrie ou de l’Iran. On pourrait tout autant parler des dictatures soutenus par les USA en Amérique Latine, ou encore en Indonésie. Faux problème donc :
      http://www.electron-libre.org/2016/02/15/un-exemple-vu-de-linterieur-ou-la-voracite-de-certaines-multinationales-a-entraine-une-guerre-civile-aceh/

      La question est donc de savoir s’il est avantageux de suivre les USA sur des conflits comme celui-ci. Ma réponse est non, d’autant plus qu’elle ne favorise pas un monde multipolaire.

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