Pourquoi les guerres ?

de | 10 janvier 2016
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Question complexe s’il en est, toutefois la « théorie des conflits réels » issus de la psychologie sociale (science qui mêle sociologie et psychologie) semble nous donner une piste pour ce qui est de la réponse.

Cette théorie stipule que lorsqu’il y a un conflit d’intérêt entre groupes sociaux pour l’appropriation de ressources les tensions vont s’accentuer car chacun des camps va créer des stéréotypes négatifs (réels ou non) pour stigmatiser le camp adverse dans le but de se donner raison et d’imposer son idée et/ou légitimer la prise de ressource. Cela peut aussi entraîner une vision fausse de la motivation réelle de l’autre groupe, donc il peut en résulter de voir l’autre comme un danger jusqu’à permettre de justifier d’une agression légitime. Il y a donc une montée de l’agressivité entre les groupes et c’est une des causes qui peut entraîner un conflit armé dans le but de s’approprier l’ensemble de ce qu’il y a en jeu.

On voit donc qu’une cause probable des guerres serait une opposition entre groupes sociaux pour le contrôle des ressources. Mais au delà de ça, d’autres théories validées par des expériences ont montré que les groupes sociaux ont une tendance naturelle à se mettre en opposition sans qu’il y ait besoin de conflits d’intérêts. Une simple création arbitraire de deux groupes (groupe rouge et vert par exemple) a montré qu’il y aura une apparition de tensions entre ces deux groupes. Le conflit d’intérêt ne faisant qu’augmenter des tensions qui surviennent naturellement lorsque deux groupes sociaux différents se retrouvent en présence.

Maintenant revenons sur d’autres idées qui ont été évoquées comme causes des guerres.

Les religions sont la cause des guerre ?

On voit ici que l’on retombe sur une problématique entre deux groupe sociaux qui ont une religion (voir une branche de la même religion) différente. Comme les groupes sociaux différents ont naturellement tendance à se mettre en opposition, la religion n’est pas la cause première. Donc même si le côté affectif lié aux religions peut accentuer les tensions on retombe sur une problématique liée aux groupes sociaux en général. Sans compter que les religions ont souvent été le prétexte qui cachait un conflit d’intérêt.

Les nations sont la cause des guerres ?

Une autre idée qui semble fausse elle aussi. Une nation pouvant être considéré comme un groupe social au même titre qu’un autre, on retombe encore sur une problématique liée aux groupes sociaux. Les nations ne sont donc pas la cause réelle des guerres. Ou alors la solution serait de supprimer tous les groupes sociaux différents, on voit tout de suite l’impossibilité de la tâche.

Maintenant on commence à parler de démographie pour justifier nos problèmes et nos attitudes. Mais avant cette augmentation démographique notre civilisation n’avait-elle pas les mêmes genres de problème ?

Il semble surtout que cette augmentation démographique soit un problème qui est venue se rajouter aux problèmes que nous avions déjà depuis l’aube de l’humanité. Aux problèmes liés à nos instincts qui nous mettent en opposition dès que deux groupes sociaux reconnus différents se forment et qui favorisent l’apparition de tensions. Cette pression liée à l’augmentation démographique ne faisant qu’accentuer ces problématiques non résolus.

Alors quels sont les solutions que les spécialistes des sciences humaines proposent pour régler les tensions entre groupe sociaux ? Les expériences ont montré qu’un principe de coopération permettrait de résoudre ces tensions entre groupes sociaux différents. Mais aussi que ce principe de coopération serait facilité par un principe de tolérance (facilite la résolution des conflits idéologiques) et un principe de partage (facilite la résolution des conflits d’intérêts).

Mais est ce que nous avons dans nos sociétés une pression sociale qui nous oriente vers ces principes de coopération, de tolérance ou de partage ?

Il semblerait que ce soit le contraire, nous sommes même dans une direction qui nous pousse à l’hyper compétitivité. Sûrement à cause de cet effet démographique qui nous pousse à croire qu’il n’y en aura pas pour tout le monde. Aussi à cause de cette idée liée à une vision peut-être faussée de cet esprit de compétition qui nous pousse à vouloir être le numéro 1, donc qui nous pousse à ne pas coopérer pour être le seul sur le podium.

Cela ne veut pas dire qu’un esprit de compétition est néfaste, des expériences ont même prouvé qu’il pouvait être bénéfique pour se surpasser. Mais étendre cette notion à vouloir être numéro 1 « à tout prix » semble nous faire oublier l’esprit initial lié à cet esprit de compétition. Car le but comme le bienfait d’un esprit de compétition est surtout de nous faire progresser et de nous améliorer, pas forcément d’être le numéro 1 ; et encore moins d’user de malhonnêteté pour l’être.

Toujours est-il que notre vision actuelle des choses nous pousse à conserver un principe d’opposition au lieu de tendre vers un principe de coopération.

Du coup sommes-nous sûrs de prendre la bonne direction pour éviter tensions et conflits au sein de nos sociétés ? Et s’il y a tensions et conflits au sein de nos sociétés ne va-t-il pas y avoir besoin de moyens de coercition pour les gérer ? Et s’il y a besoin de moyens de coercition ne va-t-il pas y avoir une restriction de nos libertés ? Et s’il y a trop de tensions, de moyens de coercition et de mécontentements liés à l’ensemble n’allons-nous pas vers un point de rupture ?

Alors, sommes nous sûr de prendre la bonne direction ?

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