Faciliter les réformes, la paix sociale et les libertés individuelles par un principe de coopération (Partie 2/2)

de | 28 décembre 2015
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Cet article fait suite à celui-ci :
Première partie

On y a vu quelques problématiques liés au groupes sociaux qui sont un frein à la mise en place d’un principe de coopération et les désavantages que cela pouvait entraîner pour les besoins de réforme, de paix sociale et de liberté individuelle. Continuons et voyons ensuite quelques pistes pour tenter de régler cette problématique.

Donc la mise en place de ce principe entraîne à remettre en question d’autre notions tel que l’opposition des groupes dominants sur les groupes dominés dans le but de maintenir leur domination.
Mais le coût du maintien de cette domination « à tout prix » n’est-elle pas chère payée à l’ensemble du corps sociale ? Car elle est un des facteurs qui empêche la seule solution possible pour réduire les tensions entre groupe sociaux qui est de se baser sur ce principe de coopération. Elle empêche de réduire les moyens de coercition nécessaires au maintien du mécontentement qui surviendra de cette logique d’opposition et réduit de fait les libertés individuelles mais aussi la facilité de mettre en place certaines réformes.

Certains diront que cela relève du marxisme cette histoire de classe dominante et dominé. Pas du tout, c’est même le contraire. Le marxisme tend vers une lutte des classes. Ici on parle de coopération entre groupe sociaux. De tendre vers une unité dans notre lieu de vie commun.

La problématique qui vise à maintenir une domination dans le but de ne pas la perdre est réelle au sein de nos sociétés, elle a été mainte fois démontré par les sciences sociales. Mais si ce sentiment peut paraître légitime, et dans un sens naturel car lié aux phénomènes de groupe, c’est aussi un frein à la mise en place de cette coopération. Car pour préserver cette domination nous sommes (et l’avons été depuis des milliers d’années) dans une logique d’opposition. Logique d’opposition en rapport avec nos instincts comme l’ont démontré les expériences liées à la psychologie sociale.

Ici on parle de l’arrêt d’une volonté de domination excessive qui empêche cette coopération, pas de prendre aux riches pour donner aux pauvres, ou encore d’une abolition des classes dominantes (qui serait illusoire de toute façon). Un système basé sur une lutte serait tout le contraire d’une philosophie de coopération.
Cela ne vise pas non plus à mettre en place une société égalitaire (illusoire là aussi ne serait-ce que parce que nous sommes tous différents), mais tendre en revanche vers une égalité de droit. Rien n’est simple mais force est de constater que nous sommes dans une mauvaise direction.

D’autres rétorqueront encore qu’un principe de coopération n’est pas toujours forcé de résoudre les tensions inter groupe. C’est vrai, mais un principe d’opposition est de toute manière voué à l’échec à moyen ou long terme. Pourquoi le retenir ?
A moins qu’il y ait une volonté de maintenir/augmenter les tensions, donc les moyens de coercition, donc de tendre à réduire les libertés individuelles au sein du corps sociale ?

La bourgeoisie et les groupes dominants semble apprécier la paix sociale. N’est-ce pas là une contradiction entre son besoin de paix sociale et son besoin de maintenir une forme de domination en restant sur un principe d’opposition qui ne favorise pas cette paix sociale ?
Un principe de coopération est donc la seule voie qui puisse permettre de dépasser cette logique d’opposition sans avoir recours à des procédés coercitifs pour gérer les tensions issues de cette logique d’opposition. Donc de conserver des libertés individuelles et une bonne entente entre les différents groupes sociaux en présence.

Ou bien encore on pourra répondre qu’il existe déjà des « partenaires sociaux » ou encore que la mise en place de négociations entre groupe existe déjà, rien de neuf là dedans.
Oui et non, car dans quel état d’esprit se déroulent les négociations ? Dans une logique d’affrontement ou de coopération ? Chacun ne voit-il pas l’autre comme un ennemi qui l’empêche de penser à lui ? Chacun ne va-t-il pas essayer de faire payer à l’autre ce qu’il lui a été empêcher de faire par la force dans le passé (gréve, manifestation, refus de dialogue, …) ?
N’est-ce pas la faute à notre environnement qui ne propage pas une pression sociale dans le but de faciliter une logique de coopération mais vise plus à diviser ces groupes ?

Des spécialistes pourraient aussi plancher sur la meilleur façon de coopérer en fonction des groupes sociaux en présence. Ce serait aussi un moyen de mettre en place des lois qui tendraient à être jugés légitimes et pertinente par tous, donc des lois naturellement suivies sans besoin de contraintes.
Ces groupes pourraient se former de manière spontanée ou existent peut-être déjà. Ils devront mélanger les groupes sociaux en présence, et surtout ne pas arriver le couteau entre les dents ou en regardant l’autre de haut comme c’est souvent le cas actuellement.

D’autres avantages peuvent être trouvés à passer à un principe de coopération. Comme de penser les rapports entre groupes sociaux sur un long terme sans avoir peur d’un phénomène de « revanche » ou encore de tensions qui pourraient être facilement évités.
Ou encore de penser à une société réactive et moderne qui pourrait mettre en place des réformes lorsqu’il y en a besoin en suivant un principe itératif. Surtout qu’avec le temps il y a des chances que cela se fasse de plus en plus naturellement, les différents groupes sociaux ayant appris à se connaître. Dans tous les cas cela ne pourra pas être pire que maintenant.

Donc un des rôles de l’Etat ne serait-il pas de faciliter la mise en place d’un pont entre les différents groupes sociaux ? De faire en sorte que chacun puisse se mettre à la place de l’autre dans le but d’en faire ressortir une proposition commune ? De propager cette logique de coopération qui est le seul moyen de faciliter la résolution des conflits entre groupe ? De ne pas entretenir de fausses visions sur l’autre ?

On va voir ici un autre frein à cette mise en place.
Déjà il faut savoir que les politiques sont des modèles pour beaucoup, et ce malgré les critiques qui peuvent leur être faites. Ils ont donc un fort pouvoir d’influence sur les mentalités via leur attitude et les idées qu’ils propagent.
Ensuite chaque partis politique courtise un groupe sociale en particulier, donc tend à maintenir une logique d’opposition et non de coopération. Contribue dans un sens à maintenir les stéréotypes négatifs que chaque groupe sociale a sur l’autre. Il flatte ces stéréotypes dans le but de récolter des voix («  les riches sont des salauds », « les pauvres sont des incapables, tout le monde a ses chances », etc).

On voit donc que par l’accentuation des croyances négatives que chacun a sur l’autre groupe nous ne favorisons pas une pression sociale qui irait dans le sens d’une logique de coopération, tout le contraire de ce qu’il faudrait faire. Nous avons aussi tendance à faire des amalgames sur les autres groupes en mettant tout le monde dans le même sac. Là aussi quelque chose de naturel lié au fonctionnement de notre cerveau mais qui ne nous aide pas à dégager des solutions communes.

Dans un sens on est toujours dans une logique de « diviser pour mieux régner », de calculs électoraux et de maintient d’une position dominante par la coercition. C’est aussi cette peur de chuter qui force à maintenir cette logique d’opposition au sein de la société. La raison nous dit pourtant que sur le long terme c’est tout le contraire qu’il faudrait faire. Mais la peur semble l’avoir emporter. Et s’il existe de nombreux exemples qui pourrait légitimer cette peur, ne serait-ce pas dû à ce principe d’opposition qui ne favorise pas l’entente et entraîne des envie de revanche ? Ne confondons nous pas la cause et l’effet ?

Bien sûr cela ne veut pas dire qu’il faut être laxiste, mais avec des lois légitimes que chacun suivra naturellement il y aura déjà moins de mécontentement, donc moins d’agressivité à rejeter vers un groupe ou un autre (principe de « frustration-agression »). Donc moins d’opposition entre les groupes. Donc tendra à faciliter un principe de coopération.

Mais ne favoriser qu’un groupe entraînera du mécontentement et des envies de revanche. Certains, aussi, ne feraient-ils pas mieux d’être un peu moins gourmand, donc de favoriser un esprit de partage (cette gourmandise pouvant se retrouver dans tous les groupes).
Ne devrions-nous pas plutôt appliquer un pouvoir de coercition envers ceux qui cherchent à nous diviser, envers ceux qui favorisent l’augmentation des tensions entre groupe sociaux ? N’était-ce pas le cas dans l’antiquité où les mauvaises langues qui montaient les individus les uns contre les autres devaient traverser la place commune une lourde pierre au cou. Une fois de plus, ne confondons-nous pas la cause et l’effet ?

On entend depuis quelques années un thème sur l’union nationale ou encore en ce moment la droite et la gauche qui veulent afficher une image d’union pour des raisons différentes. Alors ne serait-ce pas le moment de mettre en place ce type de principes ? Ne serait-ce pas aux politiques de donner l’exemple en sortant eux même d’une logique d’opposition droite/gauche, classes dominantes/peuple. Ne serait-ce pas aussi un ensemble d’arguments qui permettrait aux politiques qui les présentent de se démarquer de la concurrence qui ne propose rien de neuf ?

D’autant plus qu’il n’y a pas besoin de changer la constitution pour cela, juste d’orienter la pression sociale dans un sens de coopération entre groupes sociaux dans le but de faciliter les réformes, la paix sociale et la liberté individuelle. D’orienter cette pression sociale par des valeurs de partage et de tolérance dans le but de faciliter cette coopération. De casser les idées reçus de chaque groupe au lieu des les propager tendra aussi à faciliter ce type de changement. Là encore des spécialistes des sciences humaines pourront dégager les meilleurs solutions à cette mise en place.

Et bien sûr cela demandera du temps pour que cela porte ses fruits, pour que les mentalités commencent à changer et que cette logique puisse chasser l’ancien paradigme d’opposition. Pour que la raison puisse prendre le pas sur certains de nos instincts qui ne favorisent pas la coopération dans le but d’y trouver un avantage sur le long terme. Car avons nous le choix de faire autrement si l’on y réfléchit bien ?

Cet article s’est basé sur le livre de psychologie sociale « Stéréotypes préjugés et discriminations » pour ce qui est des relations entre groupes :
Stéréotypes, préjugés et discriminations

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